jeudi 5 mai 2016

Résumé de "La Controverse de Sion" de Douglas Reed

 

 




"La Controverse de Sion" est un livre d'importance primordial si l'on souhaite comprendre l'histoire du judaïsme, du sionisme et de son impact sur le monde. Son auteur Douglas Reed, raconte cette histoire depuis son début en 721 av. J-C avec la fin du Royaume d'Israël jusqu'en 1956 avec la crise du canal de Suez, "avec sensibilité : la sensibilité d'un témoin oculaire et participant contemporain, et celle d'un journaliste contrarié dans sa vocation".
Son but était de relater l'Histoire des deux derniers millénaires et plus encore de rendre intelligible une grande partie de l'Histoire moderne, qui de nos jours reste pour les masses plongée dans les ténèbres et étroitement gardée par la terreur d'un système de censure invisible.

 
Reed était un journaliste et essayiste anglais. Engagé volontaire dans l'armée britannique pendant la Première Guerre Mondiale, il sera correspondant du journal "The Times" en Allemagne pendant les années 30 avant de couvrir l'actualité depuis différentes capitales européennes . En 1948, après la Seconde Guerre Mondiale qu'il passa en Angleterre, il s'installe à Durban en Afrique du Sud.


Pour rédiger cet ouvrage commencé en 1951, Douglas Reed passa plus de trois ans à travailler à la Bibliothèque centrale de New York, ou à taper sur sa machine à écrire dans des logements spartiates à New York ou à Montréal. Avec un zèle de professionnel, le livre fut réécrit et l'épilogue seulement ajouté en 1956.  L'histoire même du livre - les circonstances inhabituelles dans lesquelles il fut écrit, et comment le manuscrit, après être resté caché pendant plus de 20 ans, est apparu à la lumière et est enfin devenu publiable - fait partie de l'Histoire de ce siècle.


En Europe, durant les années qui précédèrent et suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, le nom de Douglas Reed était sur toutes les lèvres ; ses livres se vendaient par dizaines de milliers, et il était extrêmement connu au sein du monde anglophone, par une immense foule de lecteurs et d'admirateurs. Il avait acquis une grande renommée grâce a des livres comme "Insanity Fair", "Disgrace Abounding", "Lest We Regret", "Somewhere South of Suez", "Far and Wide" et plusieurs autres, chacun d'eux élargissant au centuple les possibilités qui lui étaient offertes alors en tant que l'un des principaux correspondants mondiaux a l'étranger. La disparition de Douglas Reed et de toutes ses livres dans un oubli presque total fut un retournement que le temps seul n'aurait pu provoquer ; à vrai dire, la justesse de son interprétation du déroulement de l'histoire des époques trouva confirmation dans ce qui lui arriva alors qu'il était au sommet de sa gloire.

Voici un extrait du livre : 

« Si ce livre a l'air sombre, c'est que c'est la teinte d'origine de l'histoire qu'il raconte, non le reflet de ma propre mentalité. J'ai écrit avec sensibilité : la sensibilité d'un témoin oculaire et participant contemporain, et celle d'un journaliste contrarié dans sa vocation, vocation qui selon moi devrait servir la vérité - sans peur ou indulgence - et non des intérêts particuliers. J'ai été le témoin, plus que la plupart des gens, d'événements de notre siècle et de perversions secrètes d'objectifs nationaux, et j'ai découvert par cette expérience que ce n'était pas uniquement dû au hasard, mais à dessein. Par conséquent, j'ai écrit une protestation, mais c'est une protestation contre la suppression de la vérité, non contre la vie.

[...] À notre époque, j'estime qu'une superstition barbare née dans l'Antiquité et nourrie à travers les âges par une prêtrise plus ou moins secrète, est revenue pour nous empoisonner sous la forme d'un mouvement politique soutenu par de grandes richesses et un grand pouvoir dans toutes les grandes capitales du monde. Par les deux méthodes utilisées - la révolution par le bas et la corruption des gouvernements par le haut - elle est passée près du succès dans sa fantastique ambition d'atteindre la domination mondiale, en utilisant ces deux outils pour monter les nations les unes contre les autres. »


Ce résumé, qui est avant tout ma vision personnelle de cette histoire, ne remplace aucunement la lecture du livre en lui-même qui contient des détails historiques, interprétations de l'auteur et citations donnant à cette histoire une dimension supplémentaire.

• Lien pour se procurer le livre


Sommaire :

Introduction : La période mythique

Chapitre I : L'Exode

Chapitre II : La période des Juges

Chapitre III : La monarchie unifié d’Israël

Première partie : La phase lévitique

Chapitre I : Les royaumes frères

Chapitre II : La domination Assyrienne 

Chapitre III : La domination Babylonienne 

Chapitre IV : La naissance du judaïsme sous la domination perse 

Chapitre V : La traduction de la Loi sous la domination ptolémaïque 

Deuxième partie : La phase pharisiaque

Chapitre I : L’apparition des pharisiens sous le renouveau Hasmonéens 

Chapitre II : La naissance du messianisme sous le règne d’Hérode le Grand 

Chapitre III : L'avènement de l’homme de Galilée

Chapitre IV : Le triomphe des pharisiens

Troisième partie : La phase talmudique

Chapitre I : La naissance du Talmud

Chapitre II : Le gouvernement mobile

 

 

Introduction : La période mythique (les dates et évènements sont incertains)

  

Chapitre I : L'Exode (de 1450 à 1410 av. JC)

  

Les Israélites, peuple sémite du Proche-Orient, étaient à cette époque prisonniers du Pharaon, et Dieu pour libérer ce peuple descendant du prophète Abraham chargea Moïse, en lui parlant à travers un buisson ardent, de demander leur libération auprès du Pharaon.
Ce dernier refusa et l'Égypte fut alors touché par une dizaine de calamités mais malgré cela, le Pharaon resta inflexible. Dieu ordonna alors à Moïse de s'enfuir avec les Israélites, et après que l'armée du Pharaon fut décimée par la mer, Moïse reçut de Dieu les Tables de la Loi dans le désert du Sinaï. Moïse mourut ensuite juste avant que son peuple n'atteigne enfin la Terre Promise, terre que Dieu avait désignée comme refuge aux Israélites.


http://wol.jw.org/fr/wol/ml/r30/lp-f/19
(En rouge, l'itinéraire suivi par les Israélites durant quarante ans)


 

Chapitre II. La période des Juges (de 1410 à 1020 av. JC)

  

Une fois sur place, les Israélites commencèrent à se battre contre les Cananéens et réussirent à coloniser une grande partie de la Terre Promise. Ils la partagèrent alors en onze territoires pour chaque tribu. La treizième, les Lévites, étant les prêtres des Israélites reçurent des villes et des pâturages éparpillés sur tout le territoire.


 


 (Carte du partage de la Terre Promise par les Israélites)

 

Environnées de nations idolâtres, certaines tribus israélites furent réduites en servitude. Dieu leur envoya alors en secours, plusieurs fois au cours des siècles, des libérateurs nommés Juges. Le dernier d'entre eux, Samuel libéra les Israélites de la domination des Philistins mais son peuple n'était guère heureux et souhaitait un roi qui pourrait les unir contre leur ennemi.


Samuel, en sa qualité de prophète, choisit un jeune paysan de la tribu de Benjamin nommé Saül. Lorsque Samuel le présenta aux Israélites, leur première réaction fut le mépris car ils considéraient que la royauté devait être offerte à une tribu plus grande et plus riche que celle des Benjamins. Cependant Dieu leur envoya un miracle qui permit de convaincre les Israélites de nommer Saül roi. Ce fut le début de la monarchie unifiée d’Israël.

 

 

 

Chapitre III : La monarchie unifié d’Israël (de 1020 à 930 av. JC)

 


Saül fut alors amené à se battre contre les Philistins mais des 80 000 hommes qui composaient son armée seuls 300 acceptèrent de se battre contre l'armée de Goliath, un géant. Ayant confiance en Dieu, Saül décida d'y aller quand même avec ses derniers hommes mais à la vu du géant ils furent tous pétrifiés de peur sauf un. Un jeune homme tout frêle de la tribu de Juda s'avança alors et défia Goliath qui éclata de rire ; en quelques secondes le jeune homme nommé David tua le géant grâce à sa fronde. Horrifiée, l'armée de ce dernier s'enfuit.

À la mort de Saül, Samuel nomma David roi d'Israël mais le fils de Saül  revendiquait la royauté. Un conflit éclata alors qui se solda par l'accession de David au trône. Son règne fut prospère et à sa mort ce fut son fils Salomon qui hérita de la couronne. Il mena les Israélites à leur âge d'or.

Roboam, son fils, régna ensuite sur les douze tribus, mais il se fit bientôt détesté en raison de sa dureté et de son injustice. Dix tribus se révoltèrent contre lui et choisirent pour roi Jéroboam, un officier de Salomon ; seul la tribu de Juda et  de Benjamin et une partie des Lévites resta fidèle à Roboam. Ce conflit conduisit au schisme des tribus avec au Nord le royaume d'Israël mené par Jéroboam et au sud le royaume de Juda mener par Roboam.

 

Première partie : La phase lévitique (les dates et évènements sont approximatives)


Chapitre I : Les royaumes frères (de 930 à 737 av. JC)


Dès lors les deux royaumes n'eurent qu'en commun qu'une frontière ; occasionnellement ils se faisaient la guerre ou signée des traités.
 



(L'existante de David et Salomon ainsi que du royaume d'Israël et de Juda sont prouvés historiquement) 

Les Israéliens cessèrent de croire qu'ils avaient une destinée différente de celle des autres peuples ; et en peu de temps s'imposa une distinction aussi bien religieuse, avec la généralisation de l'idolâtrie dans le Royaume d’Israël, que politique entre les deux royaumes israélites.

  • Ainsi le prophète Élie (vers 900 av. JC) et ensuite Élisée (vers 850 av. JC) furent envoyés par Dieu aux Israéliens pour qu'ils se détournent de l'idolâtrie et reviennent au culte du Dieu unique.
  • Le prophète Jonas quant à lui fut envoyé par Dieu vers 775 av. JC pour prêcher la voie du Dieu unique aux peuples païens d'Assyrie (au nord-est du Royaume d'Israël).
  • Dans le même temps les Israélites reçurent une nouvelle fois les conseils de Dieu sous la personne d'Amos qui prophétisa contre les prêtres hypocrites (les Lévites) et leur sacrifices sanglants : 

"Je hais, je méprise vos fête et je ne prends aucun plaisir à vos assemblées solennelles. En vérité, même si vous me présentez des holocaustes et des offrandes, grâces, je ne les regarde pas. Éloignez de moi le bruit de vos chants et épargnez-moi le son de vos luths. Mais que la justice soit comme le courant d'eau et la droiture comme un torrent puissant."   (Amos 5:21)  

 Puis vint le reproche envers la doctrine du "peuple particulier" :

 

"N'êtes vous pas pour moi comme les enfants des Éthiopiens, ô enfants d'Israël ?"    
(Amos 9:7)

  • Vers 750 av. JC un dernier prophète qui se prénommé Osée fut envoyé aux Israéliens. Lui aussi critiquer les sacrifices humains et exhorter à la pratique de "la justice et la droiture", de "la charité, la compassion et de la loyauté".

"Je désirais la miséricorde et pas le sacrifice, et la connaissance de Dieu, plus que les holocaustes." (Osée 6:6)


Chapitre II : La domination Assyrienne (de 721 à 596 av. JC)

 

Les Lévites, les prêtres des Israélites, dissémines auparavant parmi les douze tribus furent amenés de plus en plus à se rassembler au sein du minuscule Royaume de Juda et notamment à Jérusalem, puis en 721 av. JC, le Royaume d'Israël fut attaquée et conquit par l'Assyrie et les Israéliens furent emmenés en captivité. Le royaume de Juda demeura quant à lui un vassal insignifiant de l'Assyrie. 
Ce fut alors la fin du Royaume d'Israël et les dix tribus qui l'habitaient furent déclarés par les Judéens comme étant "perdue" parmi les peuples sémites.

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Note : 
 -Selon une étude, 90 % des palestiniens auraient une ascendance juive et 50 % d'entre eux la connaissent.
-Il existe un petit peuple en Samarie descendant de la tribu de Joseph et de Lévi composé d'aujourd'hui sept cents personnes : les Samaritains  


Durant les cent ans qui suivirent la conquête assyrienne du Royaume d'Israël, les Lévites de Judée commencèrent à compiler la "tradition orale", parole qu'aurait reçut Moïse de la part de Dieu. Ce travail qui fut terminer en 621 av. JC donna naissance au Deutéronome, signifiant "Seconde Loi",qui se veut être le récit des derniers jours de la vie de Moïse. Cette seconde loi, élément fondateur du judaïsme et inconnu des anciens Israélites, semble varier de l'ancienne tradition orale afin de répondre aux "conditions d'existence en perpétuelle évolution" (dixit le Dr Kastein, historien juif). Les prêtres Lévites pouvaient en effet se permettre toutes modifications sous le prétexte qu'ils étaient au courant d'une Thora secrète
Ainsi, les prêtres adaptèrent la croyance de la Terre Promise aux derniers descendants des Israélites, le peuple Judéen.

"Si vous écoutez ces ordonnances, si vous les observez et les mettez en pratique, l'Eternel, ton Dieu, gardera envers toi l'alliance et la miséricorde qu'il a jurées à tes pères."  (Deutéronome 7;12)


 Ordonnances quelques fois sanglantes :

"Et tu consumeras tous les peuples que l'Éternel ton Dieu te livrera ; tes yeux seront sans pitié envers eux" (Deutéronome 7;16)


Et si par malheur il y avait désobéissance alors  :

"L'Éternel vous dispersera parmi les peuples, et vous ne resterez qu'un petit nombre au milieu des nations où l'Eternel vous emmènera"  (Deutéronome 4;27)

"Il amènera sur toi toutes les maladies d'Egypte, devant lesquelles tu tremblais; et elles s'attacheront à toi." 
(Deutéronome 28;60)


Mais si par la suite il y a repentance alors :

"L'Eternel, ton Dieu, fera tomber toutes ces malédictions sur tes ennemis, sur ceux qui t'auront haï et persécuté." (Deutéronome 30;7)




Environ vingt ans plus tard, en l'an 596 av. JC, le Royaume de Juda fut conquis par le Roi babylonien qui déporta alors l'élite des Judéens à Babylon…


Chapitre III : La domination Babylonienne (de 596 à 538 av. JC)


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Empire néo-babylonien


Bien qu'otages du Roi de Babylone, Nabuchodonosor II, les Judéens étaient traités en accord avec leur rang d'élite. Cependant les prêtres Lévites, inquiets de leur possible perte d'influence, convainquirent le Roi de contraindre les Judéens à vivre en communauté fermée. Ainsi, avec leur peuple fermement sous leur coupe, les prêtres Lévites entreprirent d'achever la compilation de "la Doctrine" (traduction mot "Torah"). Quatre livres s'ajoutèrent donc au Deutéronome avec l'Exode, puis la Génèse et le Lévitique pour terminer avec les Nombres en 444 av. JC.


La Thora est composé de cinq livres :

1. La Genèse se veut le récit de la Création puis des Patriarches.
2. L'Exode raconte la sortie d'Égypte des Israélites.
3. Le Lévitique rompt l'histoire pour exposer une série de rites à accomplir.
4. Les Nombres regroupe tous les éléments qui ont pris place entre la sortie d'Égypte et l'arrivée en 
    Terre promise.
5. Le Deutéronome se présente comme un long discours tenu par Moïse aux Hébreux avant sa mort.

Les prêtres Lévites introduiront ainsi dans les anciennes traditions israélites de multiples commandements, lois, devoirs et peines recouvrant les moindres détailles de la vie, insistant notamment sur l'absolu respect des rites dans les moindres détails :

 "Ils apportèrent devant l'Eternel du feu étranger, ce qu'il ne leur avait pas ordonné. Alors un feu sortit de devant l'Eternel et les brûla. Ils moururent devant l'Eternel."
 (Lévitique 10;1-2)

"Une idée unificatrice sous-tendait l'ensemble " (dixit le Dr Kastein), idée chère aux Lévites car permettant l'isolement des Judéens vis-à-vis des autres peuples.

Alors que la Thora était en train d'être compilée, un prophète du nom d'Isaïe surgit à Babylon et annonça non seulement vouloir guidé les gentils, c'est à dire, les non-Judéens :

Je t'établis pour être la lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la terre. (Isaïe 49:6)

"Et les étrangers qui s'attacheront à l'Eternel pour le servir, Pour aimer le nom de l'Eternel, Pour être ses serviteurs…
Je les amènerai sur ma montagne sainte, Et je les réjouirai dans ma maison de prière ; [...] Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples.…
(Isaïe 56;6-7)


Mais aussi la venue d'un Messie universel :

"Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure." (Isaïe 11;4)


Cela contrastait dangereusement avec "l'idée unificatrice" mais malheureusement pour elle, apparu dans le même temps à Jérusalem un autre prophète nommée Jérémie, qui vint la mettre à mal en dénonçant l'hypocrisie des Judéens :

"Et avec tout cela sa soeur, Juda la perfide, N'est pas revenue à moi de tout son coeur, Mais avec mensonge, dit Jéhovah.
Jéhovah me dit : Israël l'infidèle s'est montrée juste En comparaison de Juda la perfide." 
(Jérémie 3;10-11)

L'hypocrisie des Judéens étant peut-être dû au fait de l'affirmation des prêtres Lévites qui les dirigeants, d'être en connaissance d'une "Thora orale"...

"Ne vous fiez pas aux paroles de mensonge de ceux qui disent: "C'est ici le temple de Jéhovah, Le temple de Jéhovah, Le temple de Jéhovah !".
Mais si vous réformez vos voies et vos oeuvres, Si vous jugez justement entre un homme et son prochain; Si vous n'opprimez pas l'étranger, L'orphelin et la veuve,
Si vous ne répandez pas en ce lieu le sang innocent, Et si vous n'allez pas après d'autres dieux pour votre malheur : Alors je vous ferai habiter dans ce lieu ; Au pays que j'ai donné à vos pères, d'âge en âge." (Jérémie 7;4-7)

Ainsi Jérémie dénonça les prêtres comme des menteurs et prôna la justice, même avec les étrangers contrairement au Deutéronome. Il condamna aussi les sacrifices des nourrissons et des animaux : 
"Ainsi parle Jéhovah, Dieu des armées, Le Dieu d'Israël : Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices, Et mangez-en la chair;
Car je n'ai pas parlé à vos pères Et je ne leur ai pas donné de commandements En matière d'holocaustes et de sacrifices, Le jour où je les ai fait sortir du pays d'Egypte."
(Jérémie 7;21-22)

"Et ils ont construit les hauts lieux de Topheth Dans la vallée du fils de Hinnom, Pour brûler au feu leurs fils et leurs filles, Ce que je n'avais point commandé Et qui ne m'était pas venu à la pensée." (Jérémie 7;31)

Ceci vient contredit le verset suivant :

"Consacre-moi [Sacrifie-moi] tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d'Israël, tant des hommes que des animaux : il m'appartient." (Exode 13;2)


Il semble clair que les prêtres Lévites aient modifiés les commandements divins ; ceci explique pourquoi Jérémie prophétisa la destruction totale de Jérusalem qui était jusqu'alors seulement soumise à Babylon : 

"Et je ferai cesser, Dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, Les cris de réjouissance et les cris d'allégresse, Le chant de l'époux et le chant de l'épouse, Car le pays sera devenu un désert." (Jérémie 7;34)

En 589 av. JC, le Roi de Juda se révolte contre Nabuchodonosor II et s'allie avec l'Égypte et de ce fait en 586 av. JC, Jérusalem est détruite et toute sa population est déportée.

Exilé en l'Égypte avec de nombreux judéens, formant ainsi la première diaspora judéenne de l'histoire, Jérémie transmis alors un message d'apaisement aux Judéens captives à Babylone  :

 "Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez Jéhovah pour elle, car son bien sera votre bien." (Jérémie 29;7)


Message rapidement contredit par les prêtres Lévites, via le Psaumes 137, qui souhaitaient la vengeance : 
  
"Fille de Babel, la dévastée, heureux qui te rend la pareille, le mal que tu nous as fait !
Heureux qui saisit tes enfants, et les écrase sur le roc !"


Chapitre IV : La naissance du judaïsme sous la domination perse (de 538 à 305 av. JC)

Alors qu'il était encore un adolescent, le judéen nommé Daniel fut déporté à Babylone lors de la destruction de Jérusalem en 586 av. JC. Il se révéla être par la suite un prophète et réussi grâce à sa sagesse à devenir fonctionnaire de la cour du Roi Balthazar. Ce dernier ayant fait un affront aux Judéens, Daniel prophétisa :
 "Ton royaume sera divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses." 
(Daniel 5;28)


Le soir même Balthazar mourut et le dirigeant de l'Empire perse, Cyrus le Grand (ou Cyrus II), s'empara de Babylone.

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Cyrus II  permit alors aux élites judéennes de retourner en Judée. Une partie décida de rester à Babylone pour des raisons commerciales formant ainsi la deuxième diaspora judéenne de l'histoire. L'autre partie une fois de retour fonda "Yehoud Medinata", désormais province de l'empire perse, et entreprit la reconstruction du Temple de Jérusalem
Les Samaritains, descendants des Israéliens, proposèrent alors leur aide, mais les élites judéennes non seulement refusèrent de partager l'honneur de la reconstruction mais placèrent en plus leurs frères Samaritains sous "Bannissement majeur", interdisant ainsi tous contacts entre Judéens et Samaritains.
Durant cette période la Thora était encore en cours de compilation à Babylone ; ainsi un prêtre nommé Ézéchiel fut chargé de maintenir la pression religieuse sur les Judéens, qui étaient beaucoup trop influencer par les cultes voisins durant la captivité des élites, en attendant l'achèvement de la Thora. Accusant les Judéens de s'être rebellés contre Dieu, il justifia par le verset suivant ce que le prophète Jérémie avait condamné, à savoir les sacrifices humains :

"Je les souillai par leurs offrandes, quand ils faisaient passer par le feu tous leurs premiers-nés; je voulus ainsi les punir, et leur faire connaître que je suis l'Eternel."
(Ézéchiel 20;26)

Après sa mort, les Judéens normalisèrent peu à peu leur relation avec les peuples voisins ce qui obligea l'élite religieuse à réagir. L'occasion se présenta en 458 av. JC lorsque Esdras, prêtre Lévites de Babylone, fut nommé par le Roi Artaxerxès Ier secrétaire d'État aux affaires judéenne. Ainsi Esdras profita de ce nouveau statut pour défaire tous les liens maritaux qui avaient été forgés avec les autres peuples avant de repartir à Babylone.
Treize ans plus tard, en 445 av. JC, se fut au tour de Néhémie, un judéen proche du Roi de perse, de remettre à l'ordre les Judéens. Il reconstruit aux frais des perses les murailles de Jérusalem et y exclut tous ceux qui ne purent  prouvés qu'ils étaient des judéens pur-souche.
L'année suivante la Thora fut achevé, et Néhémie sous l'ordre d’Esdras enjoignit les chefs de clan et de familles à signer un pacte les obligeant à observaient toutes les lois et jugements de la Torah. 

Puis lorsque la Loi fut expliquée, toute la foule se mit à pleurait :

"Néhémie, le gouverneur, Esdras, le sacrificateur et le scribe, et les Lévites qui enseignaient le peuple, dirent à tout le peuple : Ce jour est consacré à l'Eternel, votre Dieu; ne soyez pas dans la désolation et dans les larmes ! Car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi. " (Néhémie 8;9)

Les commandements, loi, devoirs et peines furent multipliaient jusqu'à recouvrirent les moindres aspects de la vie, et les mariages mixtes furent interdits religieusement parlant :

"Je vous ai dit : C'est vous qui posséderez leur pays; je vous en donnerai la possession : c'est un pays où coulent le lait et le miel. Je suis l'Eternel, votre Dieu, qui vous ai séparés des peuples." (Lévitique 20;25)


Néhémie resta treize ans à Jérusalem et retourna ensuite à la cour babylonienne. Immédiatement, la structure artificielle qu'il avait mise en place à Jérusalem commença à se désintégrer, si bien que quelques années plus tard, il envahit la ville, où une fois encore des mariages mixtes avaient eu lieu. Il mit alors en place des peines des plus sévères et purgea sans pitié la communauté de tous ceux qui avaient failli à l'allégeance absolue à l'ordre établi et à la Loi. Enfin il fit renouveler son pacte au peuple entier. 
Ceci est connu comme étant "la Nouvelle Alliance", tout comme le Deutéronome était "la Seconde Loi".

Puis, Néhémie retourna une nouvelle fois à Babylone, satisfait d'avoir accompli la tâche d'isolation de son peuple. Dorénavant, et contrairement à la tradition ancienne, la loi religieuse était aussi une question raciale. Les nations environnantes nommèrent alors cette nouvelle religion sectaire pratiquée uniquement par les judéens, le judaïsme


Chapitre V : La traduction de la Loi sous la domination ptolémaïque (de 305 à 152 av. JC)

Suite aux conquêtes d'Alexandre le Grand, Yehoud Medinata devient en 305 av. JC une province de l'Empire séleucide, fondé par un des généraux d'Alexandre le Grand après sa mort, et est renommée "Judée" avant d'être à nouveau conquit par l'Empire ptolémaïque,fondés par un autre des généraux d'Alexandre le Grand, cinq ans plus tard.

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En rose l'empire séleucide (en jaune hachuré la Judée) ; en bleu l'empire ptolémaïque

Pendant ce temps, la diaspora judéenne d'Egypte participa activement à la fondation d'Alexandrie en 323 av. JC. C'est dans cette ville, principal centre juif d’Égypte, que la première traduction de la Thora vit le jour. Elle fut réalisée entre 275 et 150 av. JC par soixante-douze érudits juifs.
La raison principale, très certainement, était que la majorité des juifs d’Égypte avait délaissé la langue hébraïque pour le grecque. Cependant, les prêtres prirent soin d'exiger de la part des traducteurs certaines modifications plus acceptable pour les non juifs.
Ainsi par exemple "infâmes et vicieux gentils" fut traduit par "nation insensée" au verset 32 ; 21 du Deutéronome :

"Ils ont excité ma jalousie par ce qui n'est point Dieu, Ils m'ont irrité par leurs vaines idoles; Et moi, j'exciterai leur jalousie par ce qui n'est point un peuple, Je les irriterai par une nation insensée."

C'est durant cette période que fut mis par écrit les récits des prophètes et des israélites depuis la conquête de la terre sainte.


Deuxième partie : La phase pharisiaque


Chapitre I : L’apparition des pharisiens sous le renouveau Hasmonéens (de 152 à 37 av. JC)

Avec le temps, une tension politique s'installa en Judée entre deux parties fidèles aux séleucides ; ceux qui souhaitez helléniser le judaïsme et ceux qui souhaitez remplacer le judaïsme par l'hellénisme.
Apprenant cela, le Roi séleucide décida en 168 av. JC, pour faire cesser le conflit, d'interdire le judaïsme. Cette décision entraîna une révolte de la part des traditionalistes juifs, La Révolte des Maccabées, qui se termina avec l'indépendance politique de Juda et le début du règne des Hasmonéens, dynastie de prêtre juif, en 152 av. JC.

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Territoire sous la domination des Hasmonéens au début de leur règne

Profitant des querelles dynastiques chez les Séleucides, le Roi de Judée, Jean Hycran Ier, lança une campagne militaire pour agrandir son État, et ainsi conquérit en 125 av. JC ses frères d’Édom.
En effet, les Iduméens sont décrit dans la Genèse comme la tribu descendant d’Ésaü, frère de Jacob. De ce fait le statut spécial des Iduméens était encore reconnu quand le Deutéronome fut produit en 621 av. JC, l’Éternel disant alors à Moïse :

“Ne les attaquez pas ; car je ne vous donnerai dans leur pays pas même de quoi poser la plante du pied : j'ai donné la montagne de Séir en propriété à Esaü.…”
 (Deutéronome 2:5)

De la même, l’Éternel exigea la paix vis-à-vis des Moabites :

“L'Eternel me dit : N'attaque pas Moab, et ne t'engage pas dans un combat avec lui ; car je ne te donnerai rien à posséder dans son pays: c'est aux enfants de Lot que j'ai donné Ar en propriété.” (Deutéronome 2:9)

Mais quand les Nombres furent écrits, environ deux cents ans plus tard, les Lévites autorisèrent la conquête de leurs frères :

“Je le vois, mais non maintenant, Je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, Un sceptre s'élève d'Israël. Il perce les flancs de Moab, Et il abat tous les enfants de Seth.
Et Edom sera une possession, et Sehir sera une possession,... eux, ses ennemis ; et Israel agira avec puissance.” (Nombres 24:17-18)

Le Roi accepta d’épargner les Iduméens à la condition d'adopter la circoncision et les lois des Juifs et par attachement à leur sol natal, les Iduméens acceptèrent de se circoncire et d’adopter les croyances et coutumes juives.

 

Territoire sous la domination de Jean Hycran Ier

Mais ces conversions massives qui contrevenait à la pureté raciale attisa les foudres des adeptes de la doctrine de l’ancienne caste des prêtres Lévites, principalement la classe moyenne, qui étaient alors représenter par le parti des Pharisiens. Le Roi se tourna alors vers les Sadducéens, parti des adeptes de l’ancienne tradition, paradoxalement principalement la bourgeoise et la plupart des prêtres.
Cent cinquante ans plus tard, une querelle dynastique éclata entre Aristobule II soutenu par les Sadducéens et son frère Hycran II soutenue par les Pharisiens. Le gouverneur d’Edom, un Iduméen du nom d’Antipater réussi alors de convaincre Rome, la super-puissance de l'époque, d’arbitrer la dispute, qui finit par choisir Hycran II.  Malgré cela, il s'ensuivit des décennies chaotiques, et la dynastie des Hasmonéens fut totalement décimée.  
Hérode, fils d’Antipater fut alors nommé Roi de Judée par Rome est suite à cela la Judée devint un État-client de Rome, indépendant de jure mais protectorat de facto.
Avec la perte de l’indépendance et l’avènement d’un Roi étranger, les pharisiens sortirent totalement perdant de cette histoire...



Chapitre II : La naissance du messianisme sous le règne d’Hérode le Grand (de 37 à 4 av. JC)



L'Empire romain

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La province de Judée


Ces pharisiens, qui formaient le parti politique le plus populaire de la petite province romaine de Judée, se disaient les messagers de l’idée lévitique telle qu’elle avait trouvé son expression chez Ézéchiel, Esdras et Néhémie ; ils prêtaient serment à l'observance stricte de la Nouvelle Alliance et se considéraient comme les gardiens des traditions et de la loi orale.

Leur ennemi politique, les Sadducéens, qui représentaient la majeur partie des prêtres, le passage des générations ayant produit une sorte de révolte envers le procédé de modification continuelle de la Loi, militaient pour "le bien de la ville” (Jérémie 29;7) et évitaient les conflits violents avec les chefs suprêmes romains.

Le fardeau de l’observance que les Pharisiens déposaient sur le dos du peuple était dur, et à mesure que le temps passait, Hérode se révélait de plus en plus cruel et tyrannique. Pour faire patienter la masse des Juifs, les Pharisiens développèrent alors l’idée messianique évoqué par Isaïe :

"Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure." (Isaïe 11;4)

Et adaptèrent le message universaliste de ce dernier...

"Et les étrangers qui s'attacheront à l'Eternel pour le servir, Pour aimer le nom de l'Eternel, Pour être ses serviteurs…
Je les amènerai sur ma montagne sainte, Et je les réjouirai dans ma maison de prière ; [...] Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples.…
(Isaïe 56;6-7)

...en une idée nationaliste via les Psaumes de Salomon :

Ce que tu ne leur avais pas promis [la royauté], ils [Hérode et ses fils] s’en sont emparés de force.
Il n’ont pas rendu gloire à ton nom vénérable.
Leur orgueil les a poussés à fonder une royauté :
Ils ont dépouillé le trône de David, impudents imposteurs !
Mais toi, ô Dieu, tu les as renversés,
tu as ôté de la terre leur descendance,
en suscitant contre eux un étranger à notre race.
Selon leurs péchés tu les as rétribués, ô Dieu,
et leur sort fut celui qu’ils avaient mérité.
Dieu ne leur a pas fait grâce. Il [Hérode] a recherché leurs descendants [les Hasmonéens],
et n’en a pas laissé échapper un seul.
Alors le Psalmiste s’écrie : « Suscite-leur leur roi fils de David »
Et ceins-le de la force, pour briser les princes injustes. — Purifie Jérusalem des païens qui la foulent, en les perdant,
(Ps. Sal. XVII, 4-21)

C’est à partir de ce moment que l’on se met à rêver d’un authentique descendant de David.
L’idée messianique s’est donc fait jour non pas comme la révélation abstraite de l’histoire de la rédemption, mais sous l’influence de circonstances historiques très déterminées.

Le roi espéré est tout naturellement appelé « Messie » dans les Psaumes XVII et XVIII de Salomon, car il est destiné à recevoir l’onction, messie signifiant celui qui est Oint, sur le modèle de celle de David, une onction que n’avaient reçue ni les Hasmonéens ni Hérode.


Et il aura les peuples païens pour le servir sous son joug ; — Il glorifiera le Seigneur à la vue de toute la terre ; — Il purifiera Jérusalem par la sanctification, comme c'était autrefois,  De sorte que les nations viendront de l'extrémité de la terre pour contempler sa gloire, à lui, — En apportant comme offrandes ses fils, à elle, privés de leur force, — Et pour contempler la gloire du Seigneur, avec laquelle Dieu l'a glorifiée. (Ps. Sal. XVII, 30)


Les Juifs étaient alors dans l’espoir d’un Messie militant et vengeur qui briserait les ennemis de Juda et qui leur amènerait l’empire de ce monde.


Chapitre III : L'avènement de l’homme de Galilée


L'idée d'un Messie humble n'était pas du tout présente dans l'opinion publique lorsqu'un homme qui prétendait être ce Messie apparut. Et en quelques mots, il balaya la totalité de la politique raciale que la secte dirigeante avait entassée par-dessus l'ancienne tradition israélites, et tel un archéologue, ramena au grand jour ce qui avait été enterré. Les pharisiens reconnurent immédiatement un perturbateur des plus dangereux.

Le jeune homme sans instruction venu de Galilée tendit un doigt et réduisit toute la Loi et les prophètes à ces deux commandements : Aime Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même.



Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ?
Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
C'est le premier et le plus grand commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes 
(Matthieu 22 : 36-39)

Le Lévitique contenait l'injonction "Aime ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19:18) mais elle était régie par la limitation du "prochain" à ses semblables Juifs. Jésus clarifia ce point :

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?
Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s'en allèrent, le laissant à demi mort.
Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.
Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant vu, passa outre.
Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit.
Il s'approcha, et banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.
Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. 
Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?
C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même.  (Luc 10 : 29-37)
 

Il rétablit alors la tradition ancienne et oubliée de l'amour du prochain sans distinction de race ou de croyance, c'était clairement ce qu'il signifiait par les mots : 

Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir(Matthieu 5:17)

Il rendit la signification évidente quand il ajouta :  


Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent  
(Matthieu 5 : 43-44)


C'était un défi direct à la Loi telle que les pharisiens la représentaient et Jésus amena le défi plus loin en refusant délibérément de jouer le rôle du libérateur et du conquérant nationaliste du territoire pour lequel les prophéties avaient lancé l'idée du Messie :


Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas.  (Luc 18:36)

Le Deutéronome offrait des bénédictions matérielles, sous forme de territoire, de buttin et de massacre, en retour de l'observance stricte de milliers de lois et jugement. Le reproche de Jésus à ce sujet fut à nouveau laconique et clair :  


Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards.
On ne dira point : Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous [en vous]. (Luc 17: 20-21)


Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ;
mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.   
(Matthieu 6: 19-20)

Il fut cependant invariablement et constamment méprisant envers les pharisiens qui commencèrent à garnir leurs pièges, de la manière exacte décrite par Jérémie longtemps auparavent :

Car j'apprends les mauvais propos de plusieurs, L'épouvante qui règne à l'entour : Accusez-le, et nous l'accuserons ! Tous ceux qui étaient en paix avec moi Observent si je chancelle: Peut-être se laissera-t-il surprendre, Et nous serons maîtres de lui, Nous tirerons vengeance de lui !
(Jérémie 20:10) 

 Les pharisiens observèrent donc Jésus à la recherche de faiblesse:

Les scribes et les pharisiens, le voyant manger avec les publicains et les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : Pourquoi mange-t-il et boit-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie?
Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. (Marc 2: 17-18)

Ils le suivirent plus loin et virent ses disciples en train d'égrener des épus de maïs pour les manger pendant le Sabbat :

Les pharisiens, voyant cela, lui dirent : Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat
Mais Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;
comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls?
Ou, n'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables ? 
Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple.
Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents.
Car le Fils de l'homme est maître du sabbat.    
(Matthieu 12:1-8)

Ici Jésus cita le verset 6 du chapitre 6 d'Osée  (Je désirais la miséricorde et pas le sacrifice, et la connaissance de Dieu, plus que les holocaustes.) pour faire comprendre aux pharisiens que ce n'est pas l'observance des rites qui compte le plus mais la foi et la conduite

Et n'eurent de cesses de le poursuivre avec de telles interrogations, toujours en rapport au rite : 

Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures ? 
Jésus leur répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres, Mais son coeur est éloigné de moi.  
C'est en vain qu'ils m'honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d'hommes
Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.
Il leur dit encore : Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition.  
(Marc 7:5-10) 


C'était le mensonge absolu : la Loi, accusait Jésus n'était pas la loi de Dieu mais la loi des Lévites et des pharisiens : des commandements d'hommes !  

À partir de cet instant, il ne put y avoir aucun compromis et les pharisiens commencèrent à se rassembler pour la mise à mort. Ils préparèrent alors des questions pièges dont la fameuse "À qui devons-nous payer le tribut ?" Une mauvaise réponse le livrerait au châtiment du souverain étranger, Rome.

Nous est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?
Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit:
Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? De César, répondirent-ils.
Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu
Ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
(Luc 20:22-26)    

 Voyant que les pharisiens essayaient de le mettre à mort, Jésus redoubla en critiques envers les pharisiens :

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement.
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.
Malheur à vous, conducteurs aveugles ! qui dites: Si quelqu'un jure par le temple, ce n'est rien; mais, si quelqu'un jure par l'or du temple, il est engagé.
Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, l'or, ou le temple qui sanctifie l'or ?
 (Matthieu 23:13-19)

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.  
Conducteurs aveugles ! qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau. 
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance.
Pharisien aveugle ! nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne net.
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés.
Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes,
et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes.
Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. 
Comblez donc la mesure de vos pères. 
Serpents, race de vipères ! comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne ?
C'est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville,
afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel.
Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération.          
(Matthieu 23:23-36) 

La fin approchait. Les archiprêtres, les scribes et les sages se rencontrèrent sous l'autorité du grand prêtre Caïphe pour prendre des mesures contre l'homme qui contestait leur autorité et leur loi. Judas, un des compagnons de Jésus, mena alors la "foule nombreuse avec des épées et des bâtons" envoyées par "les archiprêtres et les sages du peuple" auprès de Jésus et identifia l'homme qu'ils cherchaient par le baiser de la mort. Judas se pendit plus tard.
Jésus fut alors condamné à mort par un tribunal juive sans autorité légitime après que des faux témoins eurent soutenu des accusations inventées de toutes pièces. Sous la "loi mosaïque", Jésus avait commis un blasphème en déclarant être le Messie, et sous la loi romaine, il avait commis une trahison en déclarant être le roi des juifs.

Le gouverneur romain, Pilate, tenta plusieurs moyens pour éviter d'accéder à la demande de ce tribunal très influant, en repassant la responsabilité à un autre, ou encore de faire en sorte que Jésus en fût quitte pour une flagellation. Aucun de ces moyens ne réussit et les pharisiens menacèrent de dénoncer Pilate à Rome.
Pilate fit encore une tentative pour que l'acte en question fût accompli par d'autres mains "Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre loi" mais cela fut déjoué avec aisance "Il ne nous est pas permis de mettre quiconque à mort". Même après cela, il tenta de sauver Jésus en donnant le choix à la foule entre gracier Jésus ou Barabbas, l'assassin et brigand. Mais "les archiprêtres et les sages persuadèrent la foule qu'ils devaient demander la grâce de Barabbas et la destruction de Jésus" (Matthieu 27: 20).

Vint alors le chemin du Calvaire et la crucifixion entre les deux voleurs ; Rome, ce jour-là, fit la volonté des pharisiens, comme la Perse, cinq cents ans plus tôt, avait fait celle des Lévites. Ces pharisiens avaient appris au peuple de Judée à attendre un Messie, et ensuite avaient condamné le premier prétendant. Cela signifiait que le Messie était encore à venir... 





Chapitre IV : Le triomphe des pharisiens (de 40 à 70 ap. JC)


Après la mort de Jésus, les pharisiens trouvèrent un soutien en la personne du dernier Roi hérodien de Judée, Agrippa Ier. Ils devinrent ainsi tout puissants à Jérusalem et purent en quelques années imposer sans conteste leur vision de la Loi.

Des tensions religieuses apparurent alors entre Juifs et païens qui débouchèrent en l'an 66 à des révoltes massives contre les Romains, révoltes que rejoignirent rapidement d'autres peuple de Palestine. Puis une guerre intra-juive éclata entre les partisans de la paix et ceux de la guerre l'année suivante. En l'an 70 ap. JC la confusion et le désordre étaient incurables, et Rome intervient directement. Trois ans plus tard, la Judée fut déclarée territoire conquis, et le nom disparut de la carte. Jérusalem ainsi que son Temple n'existait plus.

Deux groupes de voyageurs passèrent les portes de Jérusalem, avant qu'elle tombât. Les premiers étaient les disciples de Jésus emportant avec eux un nouveau message à l'humanité. Les seconds, les pharisiens, se retirèrent dans un nouveau siège, à Yavné (toujours en Palestine), depuis lequel ils pourraient exercer leur autorité sur les juifs, où qu'ils vécussent dans le monde, leurs opposants ayant été balayés par les Romains...









Partie III : La phase talmudique



Chapitre I : La naissance du Talmud (du II au VI ème siècle ap. JC)


Le Temple était détruit, et Jérusalem était dépeuplée. La tribu de Juda avait édispersée depuis longtemps ; la race des Judéens était alors en train de disparaître. Il restait une "nation juive", composée de personnes au sang maintes fois mélangé, qui étaient  dispersées dans tout le monde connu, et qui devaient être maintenues dans l'unité par le pouvoir de l'idée tribale et du "retour " à une terre, "promise" à un "peuple spécial".

"La Loi" avait besoin d'être adaptée continuellement et appliquée aux évènements des temps changeants, de sorte qu'il fût toujours montré au "peuple spécial" que chaque évènement était en fait un des accomplissements de Jéhovah. Or, "la Loi" ne pouvait plus être modifiée, ni se voir ajouter de nouveaux chapitres historiques. Jésus avait spécifiquement adressé ses reproches à la falsification par les scribes décès "commandements d'hommes". Il avait été tué mais pas contesté.

Les pharisiens de Yavné, puis quelques siècles plus tard ceux de Babylon,  invoquèrent une fois de plus leur prétention de posséder les secrets de Dieu pour réinterpréter les "lois et commandements" afin qu'ils puissent se montrer adaptés à leur époque et notamment au christianisme. Ainsi Jésus y est décrit comme un disciple d'un sage juif qui après avoir commis un pêché fut excommunié et se mit à pratiquer l'idôlatrie et la sorcellerie, et à séduire et égarer Israël :


   Talmud de Babylone traité Sanhedrin page 107 b
Nos maîtres ont enseigné : "que toujours ta gauche repousse et que ta main droite rapproche"... et non comme Josué fils de Pérahia qui a repoussé Jésus le Nazaréen de ses deux mains. Quelle est l'histoire de Josué fils Pérahia ? Quand le roi Janet assassina les sages, Josué fils de Pérahia et Jésus s'exilèrent à Alexandrie en Egypte. Lorsque la paix revint, Simon fils de Chétah lui envoya un message de Jérusalem : de moi à Jérusalem la ville sainte à toi Alexandrie d'Egypte, ma sœur, mon mari réside en toi et moi je suis en affliction. Il se leva et se rendit dans une auberge, ils furent reçu avec beaucoup d'honneurs. Il (Josué) dit "comme cette auberge est belle !". Jésus (qui pensa qu'il parlait de la femme aubergiste) lui répondit : "ses yeux sont ronds". Il lui dit : Mécréant, c'est de cela dont tu t'occupes". Il sortit 400 trompettes et le mit au banc. Jésus revint vers lui plusieurs fois en lui demandant "prends-moi". Mais il ne lui prêta aucune attention. Un jour alors qu'il (Josué) récitait le Chéma, il vint devant lui. Ce dernier pensa l'accepter et lui fit signe de la main. Jésus pensa qu'il était repoussé. Il sortit et dressa une brique et se prosterna devant elle. Josué fils de Pérahia lui dit "repends-toi", mais il répondit : "j'ai reçu de toi que celui qui faute et fait fauter les autres on ne lui donne pas les moyens de se repentir". Mar a dit : "Jésus a pratiqué la sorcellerie, a séduit et a fourvoyé Israël ."


Ce fut l’origine du Talmud qui dans les faits est bien plus qu'une interprétation de la Torah, mais son extension.




Chapitre II : Le gouvernement mobile (du IIe au XIXe siècle)



Les sages pharisiens qui quittèrent Jérusalem avant sa destruction en 70 ap. J.-C. et s'installèrent à Yavné avaient l’intention, comme les Lévites à Babylone auparavant, de mettre en place un centre de pouvoir et de contrôle à distance, depuis lequel ils pourraient maintenir sous leur joug une organisation tribale, à cette époque-là disséminée sur la Terre. Ils emportèrent avec eux à Yavné l’expérience accumulée à Jérusalem et à Babylone et les secrets conservés des siècles, et réussirent à établir un gouvernement mobile.



La période du gouvernement de Yavné dura environ un siècle, puis il fut transmis à Usha en Galilée, où le Sanhédrin fut à nouveau établi. Mais en 320 ap. J.-C., l'empereur romain Constantin se convertit au christianisme, et promulgua les lois qui interdisaient les mariages entre chrétiens et juifs et qui interdisaient aux juifs d’avoir des esclaves chrétiens. Pour échapper à son atteinte, le gouvernement talmudique fut déplacé à Babylone, où la colonie judéenne - qui huit siècle plus tôt avait préféré y rester plutôt que retourner à Jérusalem - était toujours intacte. On installa le gouvernement talmudique à Sura, et des académies furent fondées à Pumbedita.

Déplacement du gouvernement talmudique en Orient 



Le Talmud, commencé à Yavné puis Usha, fut achevé à Sura et à Pumpedita. Depuis Sura, un exilarque (prince de la captivité de la maison de David) gouvernait, mais avec le temps, il ne devint qu’un homme de paille. En effet, par la suite, le président de l’académie posait les règles et les règlements, pas seulement pour les juifs babyloniens, mais aussi pour la totalité du judaïsme. Les juifs de par le monde reconnaissaient les académies de Babylone comme étant le centre officiel du judaïsme, et considéraient toute loi passé là-bas comme obligatoire.


Le cœur du dogme demeurait tel qu’Ézéchiel, Esdras et Néhémie lui avaient donné forme et l’avaient imposé ; mais le Talmud, dans les faits, avait pris la place de la Torah, tout comme la  Torah avait supplanté les traditions orales. Pendant six cents ans, le gouvernement talmudique resta au sein ou proche du climat oriental d’origine, où sa nature était comprise des autres peuples ; ils étaient toujours à même de trouver un compromis quotidien, qui permettait à tous de vivre côte à côte en quasi-amitié.


Puis vint l’événement qui déplaça en Europe christianisée le gouvernement talmudique. En effet via les conquêtes islamiques les arabes sous la bannière du Prophète, chassèrent les Romains de la Palestine avec comme ordre suivant :

“Vous, n’agirez pas traîtreusement; malhonnêtement, ne commettrez aucun excès ou mutilation, ne tuerez aucun enfant ou vieillard : ne couperez ou ne brûlerez ni les palmiers ni les arbres fruitiers, ne tuerez aucun mouton, vache ou chameau, et laisserez en paix ceux qui vous trouvez en train de se consacrer à leurs dévotions dans leurs cellules”

...se distinguant alors clairement du judaïsme :

“Des villes de ces gens, que l’Eternel ton Dieu te donne en héritage, tu ne laisseras en vie rien qui respire” 
(Deutéronome 20:16)



Depuis la Palestine, l’Islam étendit ensuite ses frontières d’un bout à l’autre de l’Afrique du Nord, si bien que la grande majorité des juifs tomba à l’intérieur des frontières de la même autorité extérieure. Ensuite l’Islam se tourna vers l’Europe et envahit l’Espagne. Avec cela, l’ombre du judaïsme s'infiltra dans tout l’Occident. La conquête maure fut  soutenue par les juifs, qui furent traités avec indulgence par les conquérants, au fur et à mesure que les villes tombaient les unes après les autres sous leur contrôle.



Califat omeyyade


Dans ces circonstances propices, le gouvernement talmudique fut transféré de Babylone en Espagne à Cordoue, avec la bienveillance des Maures envers cette puissance qui se trouvait parmi eux, comme Babylone et les perses auparavant. Les Maures restèrent en Espagne pendant presque huit cents ans. Quand la reconquête espagnole, après cette longue épreuve, fut achevée en 1492, les juifs, tout comme les Maures, furent expulsés.



Le centre du gouvernement talmudique fut alors étrangement transféré en Pologne.  En effet, jusqu'à cette période, les annales ne révèlent aucune trace de migration importante de juifs en Pologne. Les juifs qui étaient entrés en Espagne avec les Maures venaient d’Afrique du Nord et quand ils partirent, la plupart d’entre eux retournèrent en Afrique du Nord, où allèrent en Égypte, en Palestine, en Italie, dans les îles grecques et en Turquie, D’autres colonies étaient apparues en France, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre, et celles-ci furent agrandies par l’arrivée parmi elles de juifs de la péninsule ibérique.



Pourtant, dans les années 1500, quand le gouvernement fut installé en Pologne, au milieu d’une large communauté de gens que le monde ne connaissait pas en tant que juifs. Ils n’avaient absolument aucun sang sémite, et leur ancêtres n’avaient jamais connu aucun sol autre que celui de la Tartarie. Ce peuple était les Khazars, une race turco-mongole qui avait été convertie au judaïsme au VIIe siècle de notre ère environ. C’est le seul cas de conversion au judaïsme d’un important groupe de gens de sang très différent.







L'Occident apprit alors leur existence en tant que juifs de l’Est. Les talmudistes rédigèrent une constitution et au cours du XVIIIe siècle, ils vécurent sous un gouvernement autonome avec un système économique et une discipline religieuse de fer. Ce gouvernement autonome talmudique sous suzeraineté polonaise était appelé le Kahal et avait autorité indépendante sur les impôts dans les ghettos et les communautés, et était chargé du paiement d’une somme globale au gouvernement polonais. Il passait des lois réglant tout acte et transaction d’homme à homme, et avait le pouvoir d’inculper, de juger, de déclarer coupable ou d’acquitter. Là où la cour juive n’avait aucun droit d’infliger la peine de mort, le lynchage en tant que mesure préventive extra-judiciaire était encouragé par les autorités rabbiniques.

C’est alors qu’en 1772, la Pologne fut partagée, et cette importante communauté de juifs de l’Est organisée en État dans l’État, fut divisée par les frontières nationales, la plus grande partie tombant sous autorité russe. À ce stade, pour la première fois en plus de deux mille cinq cents ans, et moins de deux cents ans avant aujourd'hui, le centre du gouvernement juif fut perdu de vue. Jusqu’en 1772, il y en avait toujours eu un : en Pologne, en Espagne, Babylone, en Galilée, en Judée, à Babylone de nouveau et en Juda. Dès lors le contrôle centralisé de la communauté juifs et avec elle la période talmudique prit fin.



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Partage de la Pologne


Durant cette phase, l'obéissance de ce peuple dispersé sur toute la terre fut maintenue non seulement grâce au Talmud, qui devint presque considéré comme l'autorité suprême par la majorité des juifs, mais aussi grâce à l'établissement de quartiers juifs dans les grandes villes du monde sur l'insistance des rabbins, désireux de maintenir leur troupeau isolé des autres.
Lorsque le ghetto romain fut détruit sur ordre de Mussolini au début des années 1930, la presse juive se lamenta sur l'évènement, et ainsi que le rapporte l'Encyclopédie juive dès 1903, "dans tout le monde civilisé, il n'y a maintenant pas un seul ghetto, au sens original du mot"...













À suivre...

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